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Cairn de Barnenez

 

La nuit primitive

qui s’élève de la terre noire,

et la lumière des premiers hommes

au-dessus de la baie immuable.

 

Une seule pierre déplacée

et l’arc-en-ciel des silex s’effondre,

une seule pierre ajoutée

et tout le promontoire gronde.

 

L’oiseau dépose son fragment de ciel,

le lézard inscrit sa ligne fugitive,

le vent et la pluie brassent

le levain des pierres.

 

Chaque caillou est un son arrêté,

chaque pierre une pensée d’un défunt,

chaque bloc est un rêve

qui continue de se réaliser.

 

Alentour la ronce chante,

le genêt distribue ses trilles jaunes,

l’ajonc percute les amorces marines,

le buisson de pierre comme une vasque de lune.

 

L’essaim de pierres attend sa ruche,

le cadran son aiguille solaire,

le grenier de pierre s’ouvre aux étoiles

et à la brise qui sème.

 

Dans le désordre des îles

il manquait un guetteur

aux yeux de houx et de jonquilles

Les hommes l’ont halé de leur âge de l’avenir.

 

Le grondement d’une vague de fond

qui a escaladé le promontoire

et s’est figé au sommet tel un migrateur

en attente d’un nouvel envol.

 

Revue « Poésie 1, N° 41, Mars 2005

Le cherche-midi éditeur, 2005

Du même auteur :

« Quand ma chienne me regarde… » (29/11/2014)

 Troisième île (29/11/2015)

« La campagne semble morte… » (29/11/2017)

 

Pierres (29/11/2018)