30 octobre 2016

Paul Niger (1917 – 1962) : Lune

  Lunes   ………………………………      … Et tout à coup l’explosion de la Pelée ; une boule de feu, prenant parti de nier la pesanteur, et retombant en hémistiches foireux comme une stance  post-racinienne ; et moi, au creux du morne de l’autre île, dans une case de bois du Nord, exigeant comme un insecte en sa fiance… Pourquoi n’ai-je pas crié quand il en était l’heure, pourquoi n’ai-je pas chanté quand il en était l’aube ? qui me délivrera du poids des parchemins qui n’ont jamais... [Lire la suite]
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29 octobre 2016

Jean-Paul de Dadelsen (1913 – 1957) : « Seigneur, donnez-moi seulement… »

                                                                 Seigneur, donnez-moi seulement, sur mon opacité, mon absence, mon vide, Seigneur, ah laissez seulement tomber ... [Lire la suite]
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28 octobre 2016

Gu Cheng / 顾城 ou 顧城 (1957 – 1993) : Je suis un enfant capricieux et fantasque

  Je suis un enfant capricieux et fantasque        Je voudrais peindre des fenêtres sur toute la terre pour que les yeux habitués à l’obscurité s'habituent à la lumière     Peut-être suis-je un enfant gâté par sa mère capricieux et fantasque   Je voudrais que chaque instant soit aussi beau qu’un crayon de couleur je voudrais pouvoir peindre sur la feuille blanche adorée peindre gauchement la liberté peindre des yeux qui jamais ne connaîtraient les larmes, un pan de ciel... [Lire la suite]
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27 octobre 2016

Pierre-Albert Jourdan (1924 – 1981) : Fleurs de cerisiers

  Fleurs de cerisiers      Le petit espace de temps où tu traverses les fleurs du cerisier, éclatantes au soleil, déjà s’effaçant comme neige, c’est toute ta vie que tu traverses ainsi d’un regard. Elle est ce pur espace comme il va s’effondrer d’un nuage, d’une brume, d’une nuit ; ce pur espace qui tremble dans l’espace et qui ne se déploie que par blessures, jamais glissade heureuse, sinon de ce regard accroché un instant à un blason de vert tendre et de blanc. Ceci n’est pas compté, jamais, cette... [Lire la suite]
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26 octobre 2016

Luc Decaunes (1913 – 2001) : Entre Ménerbes et lumières

  Entre Ménerbes et lumières A René Char        L’aube surgissait de partout et m’entourait soudain de ses soldats légers. Une fine lueur sortait des arbres et des pierres comme leur spectre éveillé, et dans les prés mille regards soulevaient les paupières de l’herbe.        J’étais seul sur la route et seul dans la lumière pure, comme si un monde nouveau  n’avait été fait que pour moi. J’entrais premier dans les villages endormis qui portaient des noms radieux,... [Lire la suite]
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25 octobre 2016

Allen Ginsberg (1926 – 1997) : Kaddish (I)

    Kaddish A Naomi Ginsberg 1894 -1956   I   Etrange tout à coup de penser à toi, partie sans corset ni yeux,      et moi qui marche sur le trottoir ensoleillé Greenwich Village centre ville Manhattan, midi d’hiver clair, ne me suis pas couché      de la nuit, ai parlé, ai parlé, ai lu le Kaddish à haute voix, ai      écouté Ray Charles gueulant son blues tue-tête comme un      sourd sur le pick-up   rythme... [Lire la suite]
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24 octobre 2016

Der Burggraf von Regensburg (1150-1170) : « Je suis avec constance… » / « Ich bin mit rehter staete…” (24/10/2016)

  Je suis avec constance dévouée à un noble chevalier, Comme mon cœur se réjouit quand je le tiens enlacé. Qui par ses hautes qualités se fait aimer de tout le monde peut- être en proie à une      joyeuse fierté. Eux tous ne peuvent m’enlever celui que depuis longtemps j’ai élu avec une vraie constance en mon cœur et qui m’a      fait connaître tant de joies. Dussent-ils en tomber raides morts de dépit, il me sera cher à jamais. Tous leurs efforts sont vains.   Traduit du... [Lire la suite]
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23 octobre 2016

Li Bai (ou Li Po)/ 李白 (701 – 762 ) : Chant de Qiupu

  Chant de Qiupu Qiupu ge   Trois mille toises de cheveux blancs, Pareillement long est mon chagrin. J’ignore, face au miroir brillant, D’où ce givre d’automne provient.   Traduit du chinois par Florence Hu – Sterk In, « L’apogée de la poésie chinoise. Li bai et Du Fu » Editions You Feng, 2000   Du même auteur : En cherchant Maître Yong-Tsouen à son ermitage : (23/10/2017) Accompagnant un ami (23/10/2018)    
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22 octobre 2016

Valéry Larbaud (1881 – 1957): Thalassa

  Thalassa   Couché sur le divan au fond de la cabine (Bercé comme une poupée aux bras d'une fillette folle Par le tangage et le roulis — gros temps), J'ai sur l'âme un cercle lumineux : le hublot, Comme une vitrine de boutique où l'on vendrait la mer; Et, à demi sommeillant, je rêve De construire, dans une forme inusitée encore, un poème A la gloire de la mer.   O Homère! O Virgile! O CorpusPoeticum Boréale! C'est dans vos pages Qu'il faut chercher les vérités éternelles De la mer, et ces... [Lire la suite]
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21 octobre 2016

Albert Samain (1858 -1900) : « Je rêve de vers doux… »

  Je rêve de vers doux et d'intimes ramages, De vers à frôler l'âme ainsi que des plumages, De vers blonds où le sens fluide se délie Comme sous l'eau la chevelure d'Ophélie, De vers silencieux, et sans rythme et sans trame Où la rime sans bruit glisse comme une rame, De vers d'une ancienne étoffe, exténuée, Impalpable comme le son et la nuée, De vers de soir d'automne ensorcelant les heures Au rite féminin des syllabes mineures. De vers de soirs d'amour énervés de verveine, Où l'âme sente, exquise, une caresse à... [Lire la suite]
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