260px_Andr__Ferdinand_Herold_by_Vallotton_1_

 

La flûte amère de l’automne

Pleure dans le soir anxieux,

Et les arbres mouillés frissonnent

Tandis que sanglotent les cieux.



Les fleurs meurent d’une mort lente.

Les oiseaux ont fui vers des prés

Où peut-être un autre avril chante

Son hymne joyeux et pourpré.



Et vous passez, triste et frileuse,

O mon âme, par les allées.

Vous cherchez, pâle voyageuse,

Les chansons, hélas ! envolées.



Ah, les chansons qui nous charmaient

Ne reviendront pas dans l’automne.

Verrai-je rire désormais

Vos yeux que les larmes étonnent ?

 

Au hasard des chemins

Editions du Mercure de France, 1900

 

Du même auteur : « Sur la terre il tombe de la neige… » (02/10/2017)