220px_Roparz_Hemon_02_1_

 

Vie

 

Prie le dieu qui mit en toi

une âme rude, errante comme le vent

qu’il te donne un autre ami ;

ma sœur, que t’importe

la fumée qui plie à l’horizon ?

 

Fidèle est mon âme à moi comme à la mer ;

la ronde du monde entraîne mon esprit,

mon cœur bat tel le cœur de la terre,

et mon regard se fixe sur les rocs.

 

Lorsque le vent souffle il m’apporte

le sel, l’odeur et l’air de là-bas ;

dans les nues je perçois le cours du temps,

et dans les astres le choeur de mille yeux.

 

Traduit du breton par Alain Le Berre

In, Revue « Vagabondages, N°36, Février 1982 »

Association « Paris-poète »

Librairie Séguier, 1981

Du même auteur : La grande jalousie d’Emer /Gwarizi vras Emer (23/09/2015)

 

 

 

Buhez

 

Ped d’an doue a lakaas ez kreiz

un ene taer, kantreer ’ vel ar gwent,

ma roio dit ur c’heneil all :

ar moged a bleg en dremmwel,

va c’hoar, petra ’ra dit ?

 

Va ene-me ’zo feal evel ar mor,

hag e tro va spered gant koroll ar bed,

va c’halon a lamm gant kalon an douar,

ha va sell a zo stag ouzh ar reier.

 

Ha pa c’hwezh an avel e tegas din

holen ha frond hag anal ar pellder,

er c’houmoul e vezan red an amzer,

hag er stered kengalv mil lagad.

 

Barzhonegoù

Skridoù Breizh embanner, Brest, 1943

Poème précédent en breton :

Guy Etienne: « Yeux qui n’étaient rien… » / « Daoulaggadoù no oant netra… » (01/05/2016)

 

Poème suivant en breton :

 

Yann Ber Calloc’h) : Pour les Trépassé / Eid an enan (19/09/2016)