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Un arbre éperdument jette ses bras au ciel

Car le lierre à la longue l'a étranglé :

On le voit qui voudrait à tout prix s'agripper

À tout ce qui passe en fait de nuages, brumes,

Mais il ne saisit rien, et c'est l'insaisissable

Qui s'empare sournoisement de lui, l'évide,

Le point de l'écorce au cœur sans que compatissent

Pour autant les étourneaux qui viennent en bandes

S'y poser, y sifflant et modulant leurs notes,

Surtout quand le soleil descend, visible ou non,

Et qu'il va faire nuit. Et quand toutes les choses

Seront dans le noir, il sera encore là

De tous ses rameaux morts mêlé à l'univers

Dans la proximité des constellations.

 

                                       Le Plessis-Bourré, samedi 18 septembre 1993

Registre

Editions du Champ Vallon, 1999

Du même auteur :

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