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Bloody Mary

 

Et la poésie est une fille à gangsters

sur le siège arrière d’une voiture américaine.

Ses yeux sont appuyés comme une gâchette et le révolver de

     ses cheveux tire

les balles platinées qui dévalent jusqu’à sa gorge.

Mettons qu’elle s’appelle Mary, Bloody Mary

et les mots se pressent hors de sa bouche comme le jus du

     ventre de la tomate

qu’on a auparavant drôlement arrangée

sur l’assiette à salade.

Elle sait que la grammaire est la police de la langue

et  l’antenne de sa boucle d’oreille

repère de loin la sirène.

Le volant va dévier le véhicule du point d’interrogation

vers le point final

et elle ouvrira la portière

pour se tenir au bord de la route en tant que métaphore du mot

pute.

 

Traduit de l’hébreu parEmmanuel Mosès

Revue « Europe »

Du même auteur :

Un chiffon brodé. Poème sur Oum Kalsoum (13/08/2015)

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