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O douleurs de l’amour !

 

O douleurs de l’amour !

Comme vous m’êtes nécessaires et comme vous m’êtes chères.

Mes yeux qui se ferment sur des larmes imaginaires, mes mains

     qui se tendent sans cesse vers le vide.

J’ai rêvé cette nuit de paysages insensés et d’aventures dangereuses

     aussi bien du point de vue de la mort que du point de vue de la

     vie

qui sont aussi le point de vue de l’amour.

Au réveil vous étiez présentes, ô douleurs de l’amour, ô muses du

     désert, ô muses exigeantes.

Mon rire et ma joie se cristallisent autour de vous. C’est votre fard,

     c’est votre poudre, c’est votre rouge, c’est votre sac de peau de

     peau de serpent, c’est vos bas de soie

et c’est aussi ce petit pli entre l’oreille et la nuque, à la naissance du

     cou

c’est votre pantalon de soie et votre fine chemise

et votre manteau de fourrures

votre ventre rond

c’est mon rire et mes joies

vos pieds

et tous vos bijoux

En vérité comme vous êtes bien vêtue et bien parée.

 

O douleurs de l’amour, anges exigeants, voilà que je vous imagine

     à l’image même de mon amour 

que je vous confonds avec lui

O douleurs de l’amour, vous que je crée et habille

vous vous confondez avec mon amour dont je ne connais que les

     vêtements et aussi les yeux, la voix, le visage, les mains, les

     cheveux, les dents, les yeux.

 

Poèmes à la mystérieuse

In, Revue « La Révolution surréaliste, N° 7, 15 Juin 1926 »

Du même auteur :

J’ai tant rêvé de toi (06/08/2014)

Les espaces du sommeil (06/08/2015)

Infinitif (06/08/2017)

Baignade (06/08/2018)

De la rose de marbre à la rose de fer (06/08/2019)