simeon_1_

 

 

Rien n’est plus beau

qu’un amour qui ne se croit pas immortel

qui a la souple respiration du voilier

endormant la vague

prodige oui mais qui se sait tributaire

d’un vent si incertain

qu’il voudrait d’un seul déploiement de son erre

boire toute une nuit d’étoiles et de lune pleine

 

Un amour comme une joie d’enfance

grandie de sa fin trop proche

et qui se tient timide

au faîte de l’instant

 

nid d’hirondelle

dans le noir

ah ce n’est pas cela un amour de légende

qui se targue des  mélancolies

et geint à genoux sous la couronne de roses

 

toi mon aimée demeure princière en ton rire

chaque matin devant ta mort et ma mort

sois libre et fière et ferme

car il suffit de la caresse d’un rire

pour que tout en nous se recompose

et que soit le monde uniment

sous nos mains le passage et la durée

la nudité d’une âme dans la douceur du corps

 

nous mourrons mon amour sans rien perdre

si nous séjournons visages étonnés

dans l’instant qui nous prolonge

et fait de nos gestes les plus simples

- baiser murmure épaule lente –

un feu dormant

 

demeurons mon aimée

fût-ce au cœur d’un sanglot silencieux

une joie ouverte

 

sommet de l’éclair

rire et bonté persistants

dans la disparition

 

Un essaim amoureux,

Cheyne éditeur, 1986

Du même auteur :

« Avant que d’avancer puissamment dans la nuit… » (14/07/2014)

« Je veux te dire cette sorte de secret… » (14/07/2015)

Où passent des secrets (14/07/2017)

« ma prière... » (14/07/2018)