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Les enfants qui s’aiment

 

 

Les enfants qui s’aiment s’embrassent debout

Contre les portes de la nuit

Et les passants qui passent les désignent du doigt

Mais les enfants qui s’aiment

Ne sont là pour personne

Et c’est seulement leur ombre

Qui tremble dans la nuit

Excitant la rage des passants

Leur rage leur mépris leurs rires et leur envie

Les enfants qui s’aiment ne sont là pour personne

Ils sont ailleurs bien plus loin que la nuit

Bien plus haut que le jour

Dans l’éblouissante clarté de leur premier amour.

 

Spectacle

Editions Gallimard, 1951

Du même auteur :

La lessive (12/07/2014)

« La mère fait du tricot… » (12/07/2015)

Etranges étrangers 12/(07/2017)