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Le poète et son double

 

- 1 –

Je crois que j’entrevois

 

Qui parle ainsi

à son insu peut-être

jamais moins seul

qu’en votre compagnie ?

Il est ici mais ses yeux sont lointains

     Vous avez beau scruter

il n’y a rien

à la fenêtre qui se signe

qu’un peu de buée

qu’une promesse tenue en haleine

     Le cœur hésite

à faire quelques pas

et dans la nuit

si longue à se dévêtir

une lampe bourgeonne

     La lumière est ici

l’autre nom de l’énigme.

 

- 2 –

J’écris de nuit ce que j’espère

murmure l’autre voix cherchant asile

en votre voix

ainsi les mots ne feront pas de bruit

autre qu’une eau qui cherche son chemin

     D’un oreille éblouie

la neige écoute aux portes défendues

     Que veut - elle savoir

Qu’elle ne sache déjà

hors de cette maison douce

la silhouette de votre ombre ardente

allant de l’âtre à la pendule

sans fin à épeler ses pas

     l’image d’un feu calme

fait de menues brindilles

qui comptent sur leurs doigts

     votre insomnie

l’encre violette

     et sur la page

un grand silence étincelant

 

Présent intérieur

Editions Rougerie, 1998 

Du même auteur :

 « Du monde tu ne vois… » (09/07/2014)

Coda (09/07 /2015) 

« Nul ne sait… » (19/08/2017)

 

« Le cœur fait les cent pas... » (19/08/2018)