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La chanson de Mignon

 

Connais-tu le pays des citronniers en fleur,

Et des oranges d’or dans le feuillage sombre,

Et des brises soufflant doucement du ciel bleu,

Du myrte silencieux et des hauts lauriers droits ?

Ne le connaîtrais-tu point ?

                                            - Oh, là-bas je voudrais,

Là-bas, ô mon amour m’en aller avec toi.

 

Connais-tu la maison ? Son toit posé sur des colonnes,

La chambre aux doux reflets, la salle lumineuse,

Et les droites statues de marbre qui me regardent

Et demandent : « Que t’a-t-on fait, ô pauvre enfant ? »

Ne le connaîtrais-tu point ?

                                            - Oh, là-bas je voudrais,

Là-bas, mon protecteur ?  m’en aller avec toi.

 

Connais-tu la montagne, le sentier dans les nuées ?

Le mulet dans la brume y cherche son chemin :

Dans les cavernes vit l’engeance des dragons ;

La pierre y chute et sur elle les eaux ;

Ne le connaîtrais-tu point ?

                                            - Oh, là-bas ? c’est là-bas

Que mène notre route ! Ô père partons-y !

 

Traduit de l’allemand par Jean-Pierre Lefebvre 

Anthologie bilingue de la poésie allemande 

Editions Gallimard (La Pléiade), 1995   

Du même auteur :

Le Roi des Aulnes / Erlkönig (22/06/2014)

Bienvenue et adieu / Willkommen und Abschied (22/06/2015)

Chant de tempête du voyageur / Wanderers Sturmlied (22/06/2017)

Un autre pareil / Ein Gleiches (23/06/2018)

  Présence de l'Aimé / Nähe des Geliebten (23/06/2019)

 

 

Mignons Lied

 

Kennst du das Land, wo die Zitronen blühn,


Im dunklen Laub die Gold-Orangen glühn,


Ein sanfter Wind vom blauen Himmel weht,


Die Myrte still und hoch der Lorbeer steht


Kennst du es wohl?


                                   Dahin! dahin


Möcht ich mit dir, o mein Geliebter, ziehn 

 

 

Kennst du das Haus? Auf Säulen ruht sein Dach,


Es glänzt der Saal, es schimmert das Gemach,


Und Marmorbilder stehn und sehn mich an:


“Was hat man dir, du armes Kind, getan?”

 

Kennst du es wohl?


                                    Dahin! dahin


Möcht ich mit dir, o mein Beschützer, ziehn!

 

 

Kennst du den Berg und seinen Wolkensteg?


Das Maultier sucht im Nebel seinen Weg.


In Hoehlen wohnt der Drachen alte Brut.


Es stuerzt der Fels und über ihn die Flut;


Kennst du ihn wohl?


                                   Dahin! dahin


Geht unser Weg! O Vater, lass uns ziehn!

 

Poème précédent en allemand :

Peter Huchel : Ferme Thomasset (16/04/2016)

Poème suivant en allemand :

Rainer – Maria Rilke : Soir en Scanie / Abend in Skåne (23/11/2016)