1635ArmandRobin_1_

 

L’lllettré

 

Devant les bois, les blés j'étais béat benêt :

Je lisais ce qui ne se lit pas :

Les nuages, les vents, les rochers, les ébats

          De la lune dans les bois. 

Et le ciel avec son grand étang courbé

Où le soleil tout le jour accroît son caillou,

Onde par onde, et le déferlement changeant

          Des nuages disposaient de moi.

Les arbres tournaient lentement en moi

Leurs pages tantôt bruyantes, tantôt muettes,

Tantôt épaisses et jaunies, les saisons

          Me donnaient des leçons.

 

 

Fragments

Editions Gallimard, 1992

Du même auteur :

« Sans parole, je suis toute parole… » (05/06/2014)

Sans Pays (05/06/2015)

L’offre sans demande (05/06/2017)

Mon pays (05/06/2018)

Instant de pré (05/06/2019)