Jean_Grosjean2[1]

 

S’est-on figuré sous l’ombrage

d’un frais matin d’été

quelle inhumaine et déchirante

voix de violon monte des villes le soir ?

 

Depuis longtemps j’entends s’éteindre au loin

le bruit que font les gens pour vivre

mais leur folie me colle aux semelles

comme une patrie mal quittée.

 

J’ai balancé comme la branche aux brises

sans trop bouger mon pied de place

mais je savais n’être que l’ombre

du dieu qui s’en prend à soi-même.

 

Soudain vieilli je regarde trembler

une herbe entre mes doigts.

Qu’attendre encore quand je connais

les silences d la guerre, ceux de l’enfance

et l’ombre du dieu sur mon âme ?

 

La lueur des jours

Editions Gallimard, 1991

 

 Du même auteur :

" Où étais-tu quand… " (09/05/2017)

 

" Si tu déchires le voile ..." (09/05/2017)