764519[1]

 

La saltimbanque en wagon de troisième classe


  
La saltimbanque ! La saltimbanque 

a pris l’express à neuf heures trente 

a pris l’express de Paris-Nantes 

Prends garde garde ô saltimbanque 

que le train partant ne te manque 

Et voici son cœur qui chante : 

oh ! sentir dans la nuit clémente 

dans la nuit de l’ouest dans la nuit veuve ! 

Mais on ne me laissera donc pas seule 

sous mon rêve avec mon saule 

Gens de Saumur ! Gens de Saumur ! 

Oh ! laissez-moi dans ma saumure 

Abstenez-vous, gens de Saumur, de monter dans cette voiture. 

Elle rêve à son maillot jaune 

qui doit si bien aller à sa chevelure 

quand elle la rejette loin de sa figure 

Elle rêve à son mari qui est jeune 

plus jeune qu’elle et à son enfant 

qui est visiblement un génie. 

La saltimbanque est tcherkesse 

elle sait jouer de la grosse caisse 

Elle est belle et ne fait pas d’épates 

elle a des lèvres comme la tomate. 

 

Les pénitents en maillots roses 

Editions Simon Kra, 1925 

Du même auteur : 

Avenue du Maine (22/01/2014)

La Terre (22/03/2015)

Vie et marée (17/04/2017)

Invitation au voyage (17/04/2018)

 Le Kamichi (17/04/2019)