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Chemin tournant 


Il y a un terrible gris de poussière dans le temps

 

Un vent du sud avec de fortes ailes

Les échos sourds de l'eau dans le soir chavirant

Et dans la nuit mouillée qui jaillit du tournant

     des voix rugueuses qui se plaignent

Un goût de cendre sur la langue

Un bruit d'orgue dans les sentiers

Le navire du coeur qui tangue

Tous les désastres du métier

 

 

Quand les feux du désert s'éteignent un à un

Quand les yeux sont mouillés comme des brins d'herbe

Quand la rosée descend les pieds nus sur les feuilles 

Le matin à peine levé

Il y a quelqu'un qui cherche

Une adresse perdue dans le chemin caché

Les astres dérouillés et les fleurs dégringolent

A travers les branches cassées

Et le ruisseau obscur essuie ses lèvres molles à peine décollées

 

Quand le pas du marcheur sur le cadran qui compte règle le 

     mouvement et pousse l'horizon

Tous les cris sont passés tous les temps se rencontrent 

Et moi je marche au ciel les yeux dans les rayons

Il y a du bruit pour rien et des noms dans ma tête

 

 

Des visages vivants

                    Tout ce qui s'est passé au monde

Et cette fête

                    Où j'ai perdu mon temps

 

 

Sources du vent

Maurice Sachs éditeur, 1929

Du même auteur :

Cran d’arrêt (12/06/2014) 

Tard dans la vie (13/11/2014)

Tendresse (09/04/2017)

Arc-en-ciel (09/04/2018)

« La neige tombe... » (09/04/2019)