Clement_Marot_2[1]

 

Plus ne suis ce que j'ai été,

Et ne le saurais jamais être ;

Mon beau printemps et mon été

Ont fait le saut par la fenêtre :

Amour, tu as été mon maître :

Je t'ai servi sur tous les dieux. 

Ah si je pouvais deux fois naître,

Comment je te servirais mieux ! 

 

Plus ne suis ce que j’ay esté,

Et ne le sçaurois jamais estre.

Mon beau printemps, et mon esté,

Ont faict le sault par la fenestre.

Amour, tu as esté mon maistre,

Je t’ay servy sur tous les dieux.

O, si je povois deux fois naistre,

Comment je te serviroys mieulx !

 

 

Les oeuvres de Clément Marot de Cahors, 

Chez Etienne Dolet, Lyon, 1538

 

 Du même auteur :

Le Beau Tetin (21/03/2015)

De sa grande Amie (21/03/2017)

« Lorsque Maillart… » (21/03/2018)

D’Anne qui lui jeta de la neige (21/03/2019)