charmide1[1]

 

Stèle d’une courtisane

 

 

Toutes  mes portes furent ouvertes, forcées  à

cris, ou larmes, ou plaisirs, tous mes anneaux

sans  clefs  furent ouverts. Il ne  resta qu’une

habitude de plaisir, d’autres plaisirs, rien qui

ne  fût  ensemble  de  plaisirs.  Ma mémoire

sera dans l’oubli.  Ainsi  fut d ésirée ma fin,

mais   les   dieux  seuls  savent  vers  quoi je

marche. Il ne reste de moi que quelques fleurs

éparses,  peu  de  larmes  pour  mon  bûcher.

Ici cette beauté que je ne voile pas et sur ma

chair de marbre cette pâleur que je conserve.

       J’ai ordonné ainsi que l’on colore la

               pupille de mes yeux verts

 

Images de la mort douce

Editions Clivages, 1974

 

Du même auteur :

Voix ailée et vaine de Béatrice (06/02/2015)

Tombe de jeune homme (15/03/2017)

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« Nous avancions... » (15/03/2019)