franck_venaille[1]

 

la tête contre la vitre      comme un enfant qui rêve

comme un chien qui attend     qui prend peur     la rue

     les arbres     la ville immuable     parfois le soleil

comme un geste amical     tous ces destins derrière les

volets     et moi enfant dans la cuisine     et moi malade

et tourmenté     les cigarettes     paquets qu’on jette

odeur de tabac      toutes ces chambres où j’ai vécu sans

femme     dire ma détresse     le lit toujours froid

un manège     ma mère encore plus pâle     la vie rac-

commodée comme une paire de gants     lames sur la

 chaise     vie est un fleuve où je me noie   

 

Revue « Poésie 1, N°15, Mai 1971 »

Librairie Saint-Germain-des-Prés, 1971

 

Du même auteur :

Ainsi nous portons tous… » (26/02/2017)  

« Le marcheur d’eau… » (26/02/2018)

Cantos (07/09/2019)