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Quand ce ne seront plus les nombres et les figures

Qui fourniront la clef de toutes créatures,

Quand ceux-là qui chantent ou embrassent

Seront plus savants que les grands docteurs,

Quand le monde sera revenu

Dans la vie libre et rendu dans le monde,

Et que s’épouseront, pour éclairer vraiment,

De nouveau la lumière et l’ombre,

Et que l’on connaîtra dans contes et poèmes

Les éternelles histoires du monde,

Alors il suffira d’un seul mot mystérieux

Pour que s’envole tout le faux ordre des choses.

 

Traduit de l’allemand par Jean- Pierre Lefebvre

Anthologie bilingue de la poésie allemande

Editions Gallimard (La Pléiade ),1993

 

Du même auteur : 

«  Faut-il que le matin toujours revienne ?... / Muss immer der Morgen wiederkommen ?(01/02/2015)

« Les prés se sont recouverts de verdure… » / « Es färbte sich die Wiese grün… » (01/02/2017)

 

 

 

 

Wenn nicht mehr Zahlen und Figuren

Sind Schlüssel aller Kreaturen,

Wenn die, so singen oder küssen,

Mehr als die Tiefgelehrten wissen,

Wenn sich die Welt ins freie Leben

Und in die Welt wird zurückbegeben,

Wenn dann sich wieder Licht und Schatten

Zu echter Klarheit werden gatten

Und man in Mährchen und Gedichten

Erkennt die ewgen Weltgeschichten,

Dann fliegt vor Einem geheimen Wort

Das ganze verkehrte Wesen sofort.

 

 

Heinrich von Ofterdigen, Realschulbuchhandlung, Berlin,1802

 

Poème précédent en allemand : 

Paul Celan : Strette / Engfürhrung (01/12/2015)

Poème suivant en allemand :

Hugo von Hofmannsthal (1874 – 1929) :Tercets sur la mortalité / Terzinen über vergänglichkeit (12/02/2016)