30 janvier 2016

Tomas Tranströmer (1931 - 2015 ) : 17 poèmes

    17 poèmes I Prélude   L’éveil est un saut en parachute hors du rêve. Libéré du tourbillon qui l’étouffe, le voyageur tombe dans les zones vertes du matin. Les objets s’enflamment. Il distingue – dans la position      palpitante du pinson – les phares puissants d’un système radiculaire qui tournoie dans les bas-fonds. Mais au-dessus de la terre il y a – en un flux tropical – cette verdure aux bras dressés, à l’écoute des rythmes d’une pompe invisible. Et il descend vers l’été,... [Lire la suite]
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29 janvier 2016

Jean de la Croix /Juan de la Cruz (1542 – 1591) : « J’entrai, mais point ne sus où j’entrais… » / « Entréme donde no supe… »

    J’entrai, mais point ne sus où j’entrais, Et je restai sans savoir, Transcendant toute science.   J’ignorai tout du lieu où j’entrais, Mais lorsque je me vis là, Sans connaître le lieu où j’étais J’entendis de grandes choses. Point ne dirai ce que je sentis, Car je demeurai sans rien savoir, Transcendant toute science.   De la paix, de la bonté aussi, C’était science parfaite, Dans une profonde solitude – Le droit chemin va bien clair. Pourtant c’était chose tant secrète, Que je demeurai... [Lire la suite]
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27 janvier 2016

Bernard Noël (1930 -) : « un jour / la bouche est devenue obscure… »

  un jour la bouche est devenue obscure la langue re muait maintenant la vie n’est plus chaude je cherche mes mains et dans mes mains le pouce originel le temps est de la terre autour des os du monde notre mort épaissit cette chair on creuse pour se souvenir l’air noircit puis c’est du vent le vent est la langue qui remue la langue elle a racine en l’air pourquoi pourquoi l’air qui n’est pas visible ressemble-t-il au visible pourquoi nos yeux s’y boivent-ils eux-mêmes il y a la nuit il y a la min sur la... [Lire la suite]
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26 janvier 2016

Aimé Césaire (1913 -2008) : Et les chiens se taisaient

    Et les chiens se taisaient   (….) Le rebelle Femme prends garde, il y a un beau pays qu’ils ont gâté de larves    dévergondé hors saison un monde d’éclats de fleurs salis de vieilles affiches une maison de tuiles cassées de feuilles arrachées sans tempête pas encore pas encore je ne reviendrai que grave l’amour luira dans nos yeux de grange incendiée comme un oiseau ivre un peloton d’exécution pas encore pas encore je ne reviendrai qu’avec ma bonne prise de contrebande l’amour vivant... [Lire la suite]
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25 janvier 2016

Antonin Artaud (1896 – 1948) : Invocation à la Momie

     Invocation à la Momie    Ces narines d’os et de peau par où commencent les ténèbres de l’absolu, et la peinture de ces lèvres que tu fermes comme un rideau    Et cet or que te glisse en rêve la vie qui te dépouille d’os, et les fleurs de ce regard faux par où tu rejoins la lumière    Momie, et ces mains de fuseaux pour te retourner les entrailles, ces mains où l’ombre épouvantable prend la figure d’un oiseau    Tout cela dont s’orne la mort comme d’un... [Lire la suite]
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23 janvier 2016

André Breton (1896 -1966) : Plutôt la vie.

                                      Plutôt la vie   Plutôt la vie que ces prismes sans épaisseur même si les couleurs      sont plus pures Plutôt que cette heure toujours couverte que ces terribles voitures      de flammes froides Que ces pierres blettes Plutôt ce coeur à cran d'arrêt Que cette mare aux murmures Et que cette étoffe blanche qui chante à la fois dans l'air et... [Lire la suite]
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22 janvier 2016

Tristan Tzara (1896 – 1963) : Sur le chemin des étoiles de mer

  Sur le chemin des étoiles de mer A Federico Garcia Lorca   quel vent souffle sur la solitude du monde pour que je me rappelle les êtres chers frêles désolations aspirées par la mort au-delà des lourdes chasses du temps l'orage se délectait à sa fin plus proche que le sable n'arrondissait déjà sa hanche dure mais sur les montagnes des poches de feu vidaient a coups sûrs leur lumière de proie blême et courte tel un ami qui s'éteint dont personne ne peut plus dire le contour en paroles et nul... [Lire la suite]
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21 janvier 2016

Joyce Mansour( 1928 – 1986) : Chant arabe

  Chant arabe   L’œil bascule dans la nuit au moment du trépas O la blanche fulgurance folie des ailes qu’on ne connaît pas Ouatées de silence elles  frôlent le bras sur l’oreiller Et ouvrent l’œil rond à la nuit de l’impalpable Le froid tisseur de tubéreuse trépigne sur ma pupille           Je vois glisser la tenture mobile de l’horizon qui rutile ... [Lire la suite]
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20 janvier 2016

Heather Dohollau (1925 – 2013) : « De mon lit… »

  De mon lit Tant qu’il fait encore jour Je vois les martinets Des battements d’ailes suivis de longues glissades Nous – enfants sur nos vélos – fîmes de même Qui eurent la terre pour ciel   La terre âgée. Editions Folle avoine, 1996   Du même auteur : « Matière de lumière les murs… » (20/01/2014)   « Si pour vivre il suffit de toucher la terre… » (20/01/2015) L’après-midi à Bréhat (20/12/2017) « Descendre à la mer… » (05/02/2018) « Une lumière... [Lire la suite]
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19 janvier 2016

Vénus Khoury – Ghata (1937 - ) : « Parce que leurs noms étaient trop larges… »

  Parce que leurs noms étaient trop larges pour leurs corps d’étrangers ils se taillèrent des noms de voyage dans le tissu rêche des chemins   Des noms pliables sous la peau pour les villes qui fument leurs hauts fourneaux pour oublier les prairies asphaltées.   Sur les cils de la lune il y a de la poussière disent-ils et ils frappent aux portes des femmes pour retrouver une patrie.   Au Sud du silence, Editions Saint-Germain-des-Prés, 1975 De la même auteure : Lorsqu’un arbre pleure... [Lire la suite]
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