410b50A5xkL

 

 Invocation à la Momie 

 

Ces narines d’os et de peau

par où commencent les ténèbres

de l’absolu, et la peinture de ces lèvres

que tu fermes comme un rideau 

 

Et cet or que te glisse en rêve

la vie qui te dépouille d’os,

et les fleurs de ce regard faux

par où tu rejoins la lumière 

 

Momie, et ces mains de fuseaux

pour te retourner les entrailles,

ces mains où l’ombre épouvantable

prend la figure d’un oiseau 

 

Tout cela dont s’orne la mort

comme d’un rite aléatoire,

ce papotage d’ombres, et l’or

où nagent tes entrailles noires 

 

C’est par là que je te rejoins,

par la route calcinée des veines,

et ton or est comme ma peine

le pire et le plus sûr témoin

 

In, Revue « La Révolution Surréaliste, N° 7, 15 Juin 1926 »  

42, Rue Fontaine, Paris, 1926

 

Du même auteur : 

« Il faut que l’on comprenne que toute intelligence… » (24/01/2014) 

Position de la chair (24/01/2015)

Prière (25/01/2017)

« Les êtres /ne sortent pas … » (25/01/2018)

Le navire mystique (25/01/2019)