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Chant arabe

 

L’œil bascule dans la nuit au moment du trépas

O la blanche fulgurance folie des ailes qu’on ne connaît pas

Ouatées de silence elles  frôlent le bras sur l’oreiller

Et ouvrent l’œil rond à la nuit de l’impalpable

Le froid tisseur de tubéreuse trépigne sur ma pupille

          Je vois glisser la tenture mobile de l’horizon qui rutile

                                                                          [et qui s’agite

 

Telle une peau frémissante sur un corps qui se dérobe

La houle feutrée de mon abdomen se fige de peur démente

J’éternue mais je ne bouge pas

Et l’œil qui cloître mes rêves qui nage et qui clignote

L’œil envahit mes nuits

La nuit la nuit l’orage

L’œil éblouissant aux floraisons étranges

L’œil malade d’images

 

Rapaces,

Pierres Seghers éditeur, 1960

 

Du même auteur :

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