220px-Marceline_Debordes-Valmore_1[1]Phographie de Nadar, 1854

 

Qu'en avez-vous fait ?

 

 

Vous aviez mon coeur,

Moi, j'avais le vôtre :

Un coeur pour un coeur ;

Bonheur pour bonheur !

 

Le vôtre est rendu,

Je n'en ai plus d'autre,

Le vôtre est rendu,

Le mien est perdu.

 

La feuille et la fleur

Et le fruit lui-même,

La feuille et la fleur,

L'encens, la couleur :

 

Qu'en avez-vous fait,

Mon maître suprême ?

Qu'en avez-vous fait,

De ce doux bienfait ?

 

Comme un pauvre enfant

Quitté par sa mère,

Comme un pauvre enfant

Que rien ne défend,

 

Vous me laissez là,

Dans ma vie amère ;

Vous me laissez là,

Et Dieu voit cela !

 

Savez-vous qu'un jour

L'homme est seul au monde ?

Savez-vous qu'un jour

Il revoit l'amour ?

 

Vous appellerez,

Sans qu'on vous réponde ;

Vous appellerez,

Et vous songerez !...

 

Vous viendrez rêvant

Sonner à ma porte;

Ami comme avant,

Vous viendrez rêvant.

 

 

Et l'on vous dira :

" Personne !... elle est morte. "

On vous le dira ;

Mais qui vous plaindra ?

 

Pauvres Fleurs

Dumont éditeur, 1839

 

De la même autrice :

Les Roses de Saadi (10/01/2014)

Marceline Desbordes-Valmore ( 1786 – 1859) : Les séparés

 « J’étais à toi... » (01/06/2018)

La lune des fleurs (22/03/2020)