tristancabral[1]

Quand je serai parti

je ne veux pas que le soleil se colore de sang

je ne veux pas que meurent les arbres de Judée

 

mais que le chant des louves

veillent sur les hommes seuls

mais qu’on demande à ceux qui restent

s’ils savent

où la douceur s’est réfugiée

 

qu’on refuse d’abjurer

et que partout la liberté insiste !...

 

d’où je ne serai plus

il faudra bien qu’il neige

je serai dans l’odeur des œillets

dans la douleur des arbres

je serai dans les mains habilleuses des morts

et sur tous les chemins d’un Peuple de Beauté

et je dirai des mots qui sentent encore les pommes

et je dirai des mots

qui me rendront les jours perdus

et je dirai des mots de feu

des mots de violoncelle

et de miséricorde…

 

Toulon / Le Revest

2 février 1997

 

In revue « Poésie 1 / Vagabondage, N° 14, Juin1998 »

Le cherche-midi éditeur, 1998

Du même auteur : Requiescat in pace (29/10/2014)