10 octobre 2015

Claude Esteban (1935 – 2006) : Croyant nommer

Croyant nommer   ………………………… Armure du matin.   Je ne sors plus de moi. Je traverse   mes lèvres   sans voir que le soleil déchire l’air                             les murs.     J’invente des couloirs où le froid s’accumule   courbe   jusqu’à ce cri.   * *   * A chaque pierre   dans l’éclat inanimé du jour   la... [Lire la suite]
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09 octobre 2015

Guy Tirolien (1917 - 1988) : Paroles sans suite

  Paroles sans suite   Est-ce ivresse déjà que vos rhums m'ont versée ou si c'est la magie du pays retrouvé voici gronder en moi sourdement sourdement tous les volcans de mon passé et voici s'épanouir pâles fleurs explosant parmi la paix du soir tous les fantômes qui furent moi… C'est ici qu'une erreur guida leurs caravelles et que beaucoup moururent sous les mancenilliers d'avoir voulu gouter à la douceur des fruits. L'or qu'ils venaient chercher, ils ne l'ont point trouvé mais moi, je suis venu pour... [Lire la suite]
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08 octobre 2015

Odysseus Elytis / Οδυσσέας Ελύτης (1911 – 1996) : Six plus un remords pour le ciel

  A Gina Politis   L’ignorant et la belle   Souvent, dans le Sommeil Vespéral, son âme prenait en face des      montagnes une légèreté, malgré le jour pesant et le lendemain      obscur. Mais, quand la nuit tombait et que la main du prêtre apparaissait      au-dessus du jardinet des morts, Elle Seule, Droite, avec les quelques familiers de la nuit - le souffle du      romarin et la braise de fumée hors des foyers – à l’entrée de... [Lire la suite]
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07 octobre 2015

Claude Morenas ( ? – 2009) : Petit jour blanc

  Petit jour blanc   Petit jour blanc              lumière tamisée grise comme un éclairage de pluie              le souffle régulier de François fenêtre ouverte sur le vallon             toutes les voix d’oi- seaux éveillés parlent... [Lire la suite]
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06 octobre 2015

Michel Houellebecq (1956 - ) : Fin de soirée

  Fin de soirée   En fin de soirée, la montée de l’écoeurement est un phénomène inévitable. Il y a une espèce de planning de l’horreur. Enfin, je ne sais pas ; je pense. L’expansion du vide intérieur. C’est cela. Un décollage de tout événement possible. Comme si vous étiez suspendu dans le vide, à équidistance de toute action réelle, par des forces magnétiques d’une puissance monstrueuse.   Ainsi suspendu, dans l’incapacité de toute prise concrète sur le monde, la nuit pourra vous sembler longue. Elle... [Lire la suite]
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05 octobre 2015

Elías Nandino (1903 – 1993) : Corps nocturne / Nocturno cuerpo

  Corps nocturne   Quand, la nuit, seul, dans les ténèbres, fatigué de je ne sais quel épuisement mon corps s’effondre et s’accommode à l’impassible surface obscure qui lui sert d’appui et de linceul, je m’étends aussi et je me limite au contour désarmé qui me livre à l’île de l’oubli où l’on se perd.   Séparé de lui et fondu en lui, je me souviens que je le porte tout le jour comme prison de fièvre qui m’opprime, comme lèvres qui tiennent d’autres discours, comme instinct qui se moque de mes désirs ... [Lire la suite]
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04 octobre 2015

Zdravko Kissiov / Здравко Кисьов (1937 - ) : « Une feuille blanche… »

    Une feuille  blanche Comme un sillon blanc Sur la table dans la pénombre. Ne la touche pas, Ne la noircis pas de mots Si tu n’es pas capable de mettre en eux Plus de lumière Que la luminosité De la feuille blanche   Traduit du bulgare par Anélia Véléva, Revue « Hopala, N° 21, Novembre 2005 - Février 2006 » Association HOPALA !, 29800 Landerneau, 2005 Du même auteur : Identification (05/09/2016)
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03 octobre 2015

Gaston Puel (1924- 2013) : « J’habitais un corps lézardé… »

     J’habitais un corps lézardé. Il dut se fendre d’un coup : je reçus l’aube comme un baquet d’eau fraîche.       Quand la nuit n’est qu’une lie et que le regard n’ausculte que l’abîme, quel bonheur (je suis sûr de ce mot) de se hisser hors de la margelle ! Les mains meurtries touchent l’huile du jour ; le visage s’élance plus léger que les jambes.      Est-ce l’innocence du matin ? La grâce d’un fruit cueilli ? Je ne sais, je ne saurai jamais.... [Lire la suite]
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02 octobre 2015

Fañch Peru (1940 - ) : « Sur le muret du port… / War morgerenn ar porzh-mor… »

  Sur le muret du port des pêcheurs regardent de l’autre côté du visible   War morgerenn ar porzh-mor pesketourien o sellet en tu all d’ar gweled   In revue « Hopala, N° 17, Juillet-Octobre 2004 » Association HOPALA!,29800 Landerneau, 2004     Du même auteur : « Ruisseau courant sur les galets / Gouredenn war a bili (02/10/2014)   Poème précédent en breton : Roparz Hemon : La grande jalousie d’Emer /Gwarizi vras Emer (23/09/2015) Poème suivant en... [Lire la suite]
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01 octobre 2015

André Delons (1909 – 1940) : « Il n’y pas de nuages sans elle… »

    (…)      « Il n’y pas  de nuages sans elle, Etoile de la dernière heure, fourche des jambes embuées de lave et de douceur, dernier horizon aperçu par le sommeil, dévalant à grand bruit, et sous le silence des orages qui ne finissent pas, la pente de ses cheveux couleurs de nuit.      Il n’y pas  de marais sans brumes, mais il n’y a pas non plus ce grand sourire hautain tournant comme un feu sans l’indéchiffrable odeur qui tremble au milieu d’une chambre promise aux... [Lire la suite]
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