def_jp_verheggen_gallimard[1]

 

Poème avec hareng – gros – gros – cros

 

Un hareng que le Poète choisira gros - gros – gros

et même bouffi – bouffi – bouffi

une sorte de hareng – outang baraqué fitness

mais qu’il sortirait de sa saumure – mure – mure

avec délicatesse

pour le dévorer à pleins crocs – crocs – crocs

et satisfaire ainsi son appétit gros – gros – gros !

Un hareng bien choisi

qu’il accompagnerait d’un beau saumur – mur- mur-

champigny (cette fois-ci)

Un hareng excellent,

bouvard et bien rogué, et surtout bien éduqué,

un hareng qui ne viendrait pas pleurenichailler

en réclamant son beurre et le hareng de son beurre,

alors qu’on vient à peine de l’avaler !

Un brin de classe SVP Monsieur le Hareng prédigéré,

lui ferait remarquer le Poète, car on peut être

un hareng saur – saur – saur, sans perdre la tête

et devenir un hareng sourd – sourd – sourd

à toute forme de poésie !

Imaginez, en effet, que vous ayez terminé votre vie

dans les maudits filets d’un chalutier zhollandais

et que les pêcheurs de ce maudit pays

(des zhollandais eux aussi) après vous avoir zaccomodé

avec des zharicots lingots – lingots – lingots

(ou Zoizonnais) vous aient bâfré

cachés derrière les zhaies de leurs zozotis !

 

Et zozoti zozota ! Ah ! vous auriez bien plus mal fini

que dans l’estomac du Poète qui vous dégusta – ta – ta -  ta ! 

 

Sodome et grammaire, Editions Gallimard, 2008

Du même auteur :

Monsieur Panurge (23/10/2014)

« Ecrire, c’est cà !... » (01/11/2017)