noureddineaba[1]

 

(…)

Je suis comme un enfant

Exaspéré par la peur

Qui croit s’en délivrer

En chantant,

Et je chante

Mon nom arabe,

Je chante ma terre arabe,

Je chante

La révélation de l’amour dont on sait

Au premier regard

Qu’il ne sera jamais recommencé,

Je chante

Tes longues tresses qui descendent

Comme des queues de renard sur tes épaules,

Je chante ta bouche

Comme une prune éclatée,

Je chante

Notre encharnellement soudain

Porté à son point d’orgue,

Je chante l’enfance délirante d’illusions

Au midi de son printemps,

Je chante

Mon pays tout en fleurs,

Mon pays couronné d’ombres douces,

Mon pays aux rives éblouissantes,

Ecoute Gazelle, écoute

Monter de la rade proche

Le bruit de la mer

Qui rejette sur les rivages

Ses blancs rubans d’écume,

C’est là que je vais de ce pas

Enterrer ma colère, la planter comme une graine

Et comme par défi à ces bourreaux

Mêler aux rumeurs des vagues

Mon chant d’ESPOIR IRREDUCTIBLE.

 

Le chant perdu au pays retrouvé

In, « De tous les lieux du Français »

Fondation d’Hauvillers, Paris, 1975

Du même auteur : « Je suis comme un enfant… » (09/10/2019)