puelportrait[1]

 

 J’habitais un corps lézardé. Il dut se fendre d’un coup : je

reçus l’aube comme un baquet d’eau fraîche.

 

    Quand la nuit n’est qu’une lie et que le regard n’ausculte

que l’abîme, quel bonheur (je suis sûr de ce mot) de se hisser

hors de la margelle ! Les mains meurtries touchent l’huile du

jour ; le visage s’élance plus léger que les jambes.

 

   Est-ce l’innocence du matin ? La grâce d’un fruit cueilli ?

Je ne sais, je ne saurai jamais. Mon cœur bat dans un homme

étonné de se savoir en vie. Cela ressemble à un secret.

 

Le cinquième château

Editions de La Fenêtre ardente, 81500¸Veilhes,1965

Du même auteur :

« Puisque tu es venue… » (26/05/2017)

Ce matin, je dirai... (26/05/2018)