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Eloge et pouvoir de l’absence                            

 

   Je ne prétends point être là, ni survenir à l’improviste, ni paraître

en habits et chair, ni gouverner par le poids visible de ma personne,

   Ni répondre aux censeurs, de ma voix ; aux rebelles, d’un œil

implacable ; aux ministres fautifs, d’un geste qui suspendrait les

têtes à mes ongles.

   Je règne par l’étonnant pouvoir de l’absence. Mes deux cent

soixante-dix palais tramés entre eux de galeries opaques s’emplissent

seulement de mes traces alternées.

   Et des musiques jouent en l’honneur de mon ombre ; des officiers

saluent mon siège vide ; mes femmes apprécient mieux l’honneur

des nuits où je ne daigne pas.

   Egal aux Génies qu’on ne peut récuser puisqu’invisibles ; - nulle

arme ni poison ne saura venir où m’atteindre.

 

Stèles,

Pékin, 1912

Du même auteur :

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