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Lire la nuit

 

La nuit godille, rame au-delà du mur

dans l’air flotte le bleu des rêves

le bureau immense coquillage doucement se referme

 

le dauphin parle une langue inconnue de moi

il s’élève au-dessus de l’eau colonne élancée

pulvérise l’alphabet mouvant des étoiles

 

cette lumière enivrante, mystique

s’infiltre dans les crânes, d’étranges minéraux noirs

disent le poème des éléments

 

la nuit, la tôle heurtée par des poissons volants

fait vibrer l’univers. Je suis comme dressé au fond de l’eau,

heureux comme une âme défunte

 

1992

 

Traduit du chinois par Chantal Chen- Andro

In, « Le ciel en fuite. Anthologie de la nouvelle poésie chinoise »

Editions Circé, 2004

 

Du même auteur :

Vestibule (14/09/2016)

Paysage dans l’œil d’un aigle (14/09/2017)

Au sud de la Péninsule malaise (14/09/2018)