30 août 2015

Gaston Miron (1928 -1996) : Les siècles de l’hiver

  Les siècles de l’hiver   Le gris, l’agacé, le brun, le farouche tu craques dans la beauté fantôme du froid dans les marées de bouleaux, les confréries d’épinettes, de sapins et autres compères parmi les rocs occultes et parmi l’hostilité   pays chauves d’ancêtres, pays tu déferles sur des milles de patience à bout en une campagne affolée de désolement en des villes où ta maigreur calcine ton visage nous nos amours vidées de leurs meubles nous comme empesés d’humiliation et de mort   et tu ne... [Lire la suite]
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29 août 2015

Mahmoud Darwich (1941 - 2008) / محمود درويش : Pluie d’automne lointain

  Pluie d’automne lointain   Douce pluie d’un automne lointain, Les oiseaux sont bleus… bleus, Et la terre est en fête. Ne dis pas : Je suis un orage dans l’aéroport, Car je n’attends de ma patrie tombée des vitres des trains Que le mouchoir de ma mère Et des raisons de mourir encore.   Douce pluie d’un automne étranger, Les fenêtres sont blanches… blanches, Et le soleil, un verger, au couchant. Je suis une orange spoliée. Pourquoi t’échappes-tu de mon corps ? Quand je requiers du pays des... [Lire la suite]
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28 août 2015

Maïakovski (Vladimir Vladimirovitch) / Маяковский (Владимир Владимирович) (1893 – 1930) : Prologue à la Tragédie « Vladimir Maïa

  Prologue à la Tragédie « Vladimir Maïakovsky »   Est-ce vous qui comprendrez pourquoi serein, sous les tempêtes de sarcasmes, au dîner des années futures j’apporte mon âme sur un plateau ? Larme inutile coulant de la joue mal rasée des places, je suis peut-être le dernier poète. Avez-vous vu comme se balance entre les allées de briques le visage strié de l’ennui pendu ? Sur le cou écumeux des rivières bondissantes les ponts tordaient leurs bras de pierre. Le ciel pleure avec... [Lire la suite]
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27 août 2015

Robert Marteau (1925 – 2011) : « C’est ce que j’aime… »

  C’est ce que j’aime : un tertre avec des cyprès ; l’eau Qui ruisselle sur la pierre d’un abreuvoir ; Des chevaux disséminés parmi les genêts ; Un chemin qui s’insinue entre l’herbe ; un toit De tuiles ; une hirondelle accrochée au bord De la génoise ; un épouvantail que les pies Prennent pour un perchoir et que les geais vitupèrent. C’est le premier matin de juin : le faisan Salue, étonné du silence ; un coup de vent Fait parler le frêne, emportant un papillon Sur les vagues... [Lire la suite]
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26 août 2015

Henri Pichette (1924 – 2000) : Le Duo d’Amour Fou

  Le Duo d'Amour  Fou   a  (l’Amoureuse ) Quand il fait jour je pense à la nuit p  (le Poète)  et la nuit je fêle ta voix, je m’initie à ton parfum,       tes seins fermissent, tu tires mes yeux a  et tu me frises et me tutoies avec des gants. p  Je tords la joie de vivre. Je te visite entière. Je t’irise. A mon      aise je t’incendie. a  Comme en hiver, de ta main droite tu fouettes l’attelage tandis      que... [Lire la suite]
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25 août 2015

Salmon Monny de Boully (1904 – 1968) : Er l’Arménien

  Er l'Aménien I — « Assez souffert ! Assez souffert ! « Ils n'ont pas tous péri de soif en ce désert, « De faim, de soif et de fatigue, « En ce désert,  « Tous ceux qui pas à pas abandonnèrent « Leur goutte d'eau, leur grain de blé « Aux noirs vautours, d'avant le point du jour. « Moi qui te parle et qui reviens de loin,  « Oh de très loin, « Au seuil de ta demeure où j'entre sans frapper,  « Aurais-je donc fini mon douloureux voyage ?  « Mais en éveil dès ton réveil, retiens déjà... [Lire la suite]
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24 août 2015

Jean Genet (1910 – 1986) : La galère

  La Galère   Un forçat délivré dur et féroce lance Un chiourme dans le pré mais d'une fleur de lance  Le marlou Croix du Sud l'assassin Pôle-Nord  Aux oreilles d'un autre ôtent ses boucles d'or.  Les plus beaux sont fleuris d'étranges maladies.  Leur croupe de guitare éclate en mélodies.  L'écume de la mer nous mouille de crachats.  Sommes-nous remontés des gorges d'un pacha?      On parle de me battre et j'écoute vos coups.  Qui me roule Harcamone et... [Lire la suite]
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23 août 2015

André Hardellet (1911 – 1974) : Fiche de police

  Fiche de police   Pour Pierre Seghers     Il y avait ton cœur fermé ton cœur ouvert ton cœur de feu couvert tes cheveux pour filer entre les doigts pour verser leur sable sur mon sommeil et pour enchanter la fatigue tes cheveux comme un treillage entre le regard et les    vignes qui flambent tes cheveux de luisant et de sorgue tes yeux avec la halte à l’ombre et la colonne de froid sur le puits tes yeux les anémones ouvertes dans la mer tes yeux pour plonger droit dans les vaucluses ... [Lire la suite]
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22 août 2015

Du Fu / 杜甫 (712 – 770) : Village près d’une rivière

      Village près d’une rivière   Eau claire, méandres qui enserrent le village. Longues journées d’été où tout est poésie. Sans crainte, vont et viennent les couples d’hirondelles ; Les mouettes, les unes contre les autres, dans l’étang. Ma vieille épouse dessine un échiquier sur papier. Mon fils, pour pêcher, tord son hameçon d’une aiguille. Souvent malade, je cherche les plantes qui guérissent : Quoi d’autres peut-il désirer, mon humble corps ?   Traduit du chinois par... [Lire la suite]
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21 août 2015

Alain Duault (1949 - ) : Breizh

  Breizh à  Jean –Marie Le Sidaner   … Vagues ténébrantes et blanches qui remontent les veines, recomposent sans cesse une immense légende où le temps se chiffre et se déchiffre : c’est cette métaphore infiniment reprise qui défait l’assurance d’une langue en miroir, qui étoile du sujet le visage pour le moduler dans une polyphonie où son identité se poudroie : pas de vague qui ne soit la même ni une autre. Pas de langage qui se (se) joue de cette différence qui la fonde.      Et... [Lire la suite]
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