miron[1]

 

Les siècles de l’hiver

 

Le gris, l’agacé, le brun, le farouche

tu craques dans la beauté fantôme du froid

dans les marées de bouleaux, les confréries

d’épinettes, de sapins et autres compères

parmi les rocs occultes et parmi l’hostilité

 

pays chauves d’ancêtres, pays

tu déferles sur des milles de patience à bout

en une campagne affolée de désolement

en des villes où ta maigreur calcine ton visage

nous nos amours vidées de leurs meubles

nous comme empesés d’humiliation et de mort

 

et tu ne peux rien dans l’abondance captive

et tu frissonnes à petit feu dans notre dos

 

L’homme rapaillé,

Presses de l'Université de Montréal,1970

Du même auteur :

La marche à l’amour (30/08/2014)

Monologues de l'aliénation délirante (30/08/2016)

Ma femme sans fin (07/08/2018)