Marteau[1]

 

C’est ce que j’aime : un tertre avec des cyprès ; l’eau

Qui ruisselle sur la pierre d’un abreuvoir ;

Des chevaux disséminés parmi les genêts ;

Un chemin qui s’insinue entre l’herbe ; un toit

De tuiles ; une hirondelle accrochée au bord

De la génoise ; un épouvantail que les pies

Prennent pour un perchoir et que les geais vitupèrent.

C’est le premier matin de juin : le faisan

Salue, étonné du silence ; un coup de vent

Fait parler le frêne, emportant un papillon

Sur les vagues de la prairie. A l’horizon,

Les montagnes s’appuient contre le bleu du ciel.

Une corneille en ramant se tient sur ses ailes ;

Avertit de trois cris, et d’une voix contresigne.

 

Assas, mardi 1er juin 1993

Registre,

Editions Champ Vallon, 1999

Du même auteur :

« Ne fais pas de ta vie un désert… » (27/08/2014)

« Un arbre éperdument… » (27/08/2016)

Brindilles au ciel (24/01/2018)

 

« Quelque chose au ras de l’eau... » (01/06/2019)