josemariavalverde[1]

 

Psaume initial

 

Seigneur, je t’appelle sans cesse et tu n’es pas avec moi.

Tu es là-bas, dans les nuages, où ma voix n’arrive pas,

et si parfois tu réapparais, comme le soleil après la pluie,

il est des nuits où j’ai du mal à croire que tu existes.

 

Tu es une ville au-delà des montagnes.

Tu es une mer lointaine qui parfois reste muette.

Tu n’es pas en moi. Je sens ta noire absence

qui dévore mes entrailles, telle une bouche affamée.

 

C’est pourquoi je t’appelle , Seigneur, constamment,

c’est pourquoi je ramène toutes choses à ton nom,

leur donnant de Ta personne latitude et longitude.

Si tu étais avec moi je parlerais de tout,

du ciel, de la brise, de l’amour et de la peine.

Comme l’amant heureux qui dit seulement : « Regarde

cet oiseau, cette rose, ce soleil, cette claire soirée »,

versant ainsi son amour dans la lumière des noms.

 

Mais non. Tu me manques. C’est pourquoi je t’appelle.

Je te poursuis dans la forêt derrière chaque tronc.

Je te cherches du fond des eaux sans lumière.

Ô choses, écartez-vous, rendez-moi sa présence

que vous dissimulez en votre sein obscur !

Marqué par ton fer vagabond dans les plaines,

abandonné, inutile comme une brebis solitaire…

Je m’appelle homme de Dieu. Mais sans Dieu demeure.

 

Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet

In, « Poésie espagnole, anthologie 1945 – 1990 »

Actes Sud / Editions Unesco, 1995

 

 Salmo Inicial.

 

Señor, no estás conmigo aunque te nombre siempre.

Estás allá, entre nubes, donde mi voz no alcanza,

y si a veces resurges, como el sol tras la lluvia,

hay noches en que apenas logro pensar que existes.

 

Eres una ciudad detrás de las montañas.

Eres un mar lejano que a veces no se oye.

No estás dentro de mí. Siento tu negro hueco

devorando mi entraña, como una hambrienta boca.

 

Y por eso te nombro, Señor, constantemente,

y por eso refiero las cosas a tu nombre,

dándole latitud y longitud de Ti.

Si estuvieras conmigo yo hablaría de cosas,

de cosas nada más, sencillas y desnudas,

del cielo, de la brisa, del amor y la pena.

Como un feliz amante que dice sólo: “Mira

qué pájaro, qué rosa, qué sol, qué tarde clara”,

y vierte así en la luz de los nombres su amor.

 

Pero no. Tú me faltas. Y te nombro por eso.

Te persigo en el bosque detrás de cada tronco.

Te busco por el fondo de las aguas sin luz.

¡Oh cosas: apartaos, dadme ya su presencia

que tenéis escondida en vuestro oscuro seno!

Marcado por tu hierro vago por las llanuras,

abandonado, inútil, como una oveja sola… 

Hombre de Dios me llamo. Pero sin Dios estoy.

 

 

Hombre de Dios: salmos elegías y oraciones 

Instituto Nacional de Enseñanza Ramiro de Maeztu, Madrid,  1945

Poème précédent en espagnol :

Luis Mizón  : L’arbre  / El árbol (05/08/2015)

Poème suivant en espagnol :

Elías Nandino: Corps nocturne / Nocturno cuerpo (05/10/2015)