maurice-henry[1]

Tu passes

 

Tu passes derrière la vitre traînant sans effort l’invisible tapis

   de diamants

fine sur tes aiguilles tu avances et la rue tangue et bascule et

   disparaît

dans le fracas des volets de fer

dans le parfum de l’enfance à la recherche des étoiles perdues

dans le flux des visages rendus à la nuit

Tes yeux sont des lièvres à l’heure de la rosée

tes mains sont le sable de l’été

Je tombe dans ton souffle je nage dans tes murmures

mais tu passes comme une torche

 

1n, « Les Poètes du Grand Jeu »,

Présentation et choix de Zéno Bianu

Editions Gallimard (Poésie), 2003

 

Du même auteur : « Il n'y a plus rien ici-bas… » (02/07/2014)