pierre-minet[1]

 

Calme inquiet de la route glorieuse.

 

Mes rêveries s’effritent comme un dernier reflet  de

   cathédrale. – Montées – De rapides circonvolutions

   longent ma pensée abandonnée.

 

J’aperçois les collines de marbre qui reflètent tendrement

   les effigies des morts.

 

Immense diadème, le trajet frémit en songeant au long

   voyageur. Il est rempli d’atrocités.

 

*

 

   La conclusion s’approche. Je me suis élevé au plus haut degré

de la grandeur. Ah ! la formidable envolée à la recherche de la

solution, la si utile solution. Total : rien. Rigolade insensée et

crispante, parce que je me suis appliqué inconsciemment à

détruire les seules chances de la subsistance. Maintenant je

flotte. Il n’y a plus que moi dans une grande complication de

couleurs uniformes. Que trouverais-je ? Et y a - t’il des

coulisses invisibles derrière cette exposition de blanc ?

 

Revue « Le grand jeu, N°1, Eté 1928 »

Chez Roger Vailland, Paris, 1928

Du même auteur :

« Mort, je m'égrènerai en toi… » (16/08/2014)

Lettre (11/08/2016)

Abandonnés (06/07/2019)