28556-004-580D856D[1]

 

Déjà la nuit en son parc amassait

Un grand troupeau d'étoiles vagabondes,

Et, pour entrer aux cavernes profondes,

Fuyant le jour, ses noirs chevaux chassait ;

Déjà le ciel aux Indes rougissait,

Et l'aube encor de ses tresses tant blondes

Faisant grêler mille perlettes rondes,

De ses trésors les prés enrichissait :

Quand d'occident, comme une étoile vive,

Je vis sortir dessus ta verte rive,

O fleuve mien ! une nymphe en riant.

Alors, voyant cette nouvelle Aurore,

Le jour honteux d'un double teint colore

Et l'Angevin et l'indique orient.

L’Olive,

Corrozet et l’Angelier, imprimeurs, 1550

Du même auteur :

« Heureux qui comme Ulysse… » (09/08/2014)

« Las où est maintenant ce mépris de Fortune ?... » (09/08/2016)

« J'aime la liberté… » (09/08/2017)

D’un vanneur de blé aux vents (09/08/2018)

« Comme on passe en été... » (09/08/2019)