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Il devrait n’être point de désespoir pour toi

Tant que brûle la nuit les étoiles,

Tant que le soir répand sa rosée silencieuse,

Que le soleil dore le matin.

Il devrait n’être point de désespoir, même si les larmes

Ruissellent comme une rivière :

Les plus chères de tes années sont-elles pas

Autour de ton cœur à jamais ?

Ceux-ci pleurent, tu pleures, il doit en être ainsi ;

Les vents soupirent comme tu soupires,

Et l’Hiver en flocons déverse son chagrin

Là où gisent les feuilles d’automne.

Pourtant elles revivent, et de leur sort ton sort

Ne saurait être séparé :

Poursuis donc ton voyage, sinon ravie de joie,

Du moins jamais le cœur brisé

 

Novembre 1839

 

Traduit de l’anglais par Pierre Leyris,

1n, « Emily Jane Brontë, Poèmes 1836 – 1846, Edition

bilingue »,Editions Gallimard, 1963

 

Du même auteur :

Le soleil s’est couché / The sun has set  (01/07/2016)

« Mon plus grand bonheur… » / “I’m happiest whan most away (01/07/2017)

« Autour de moi des tombes grises... / « I see around me tombstones grey…” (01/07/2018)

« Je viendrai quand ... » / « I’ll come when…» (01/07/2019)

 

 

 

 

 

There should be no despair for you

While nightly stars are burning;

While evening pours its silent dew,

And sunshine gilds the morning.

There should be no despair--though tears

May flow down like a river:

Are not the best beloved of years

Around your heart for ever?

They weep, you weep, it must be so;

Winds sigh as you are sighing,

And winter sheds its grief in snow

Where Autumn's leaves are lying:

Yet, these revive, and from their fate

Your fate cannot be parted:

Then, journey on, if not elate,

Still, NEVERbroken-hearted!

Poème précédent en anglais :

David – Herbert Lawrence  : La nef de mort / The ship of death (10/06/2015)

Poème suivant en anglais :

Sylvia Plath (1932 – 1963) : L’agneau de Marie / Mary’s Song (11/10/2015)