maklouf[1]

 

Planète

 

   La terre est belle

 

   Beau le nuage qui s’en va seul dans le ciel, semblable à un

oiseau perdu et désorienté dans son vol. Beaux les astres, aux

étranges, aux inquiètes lumières. Gardiens de l’espace infini,

ils t’observent de loin, te connaissent mais tu ne les connaît

pas. Auraient-ils donc de la compassion pour toi qui ignores

ce qui t’attend dès le seuil ? A moins que ces étoiles n’oublient

que leur sort est aussi le tien.

   Tendre est la clémente brise touchant les fronts dans l’été

lointain des îles. Tendres les pluies, agiles sur l’herbe sèche.

Tendre est le parfum de la femme inconnue qui va son chemin

près de toi.

   Belle fut notre rencontre avant de trébucher sur les détails. Elle

avait l’allure d’un croissant de lune auquel étaient suspendus nos

rêves.

   Belle est la terre lorsque l’âme la quitte. Tel un astronaute à

travers sa vitre, je la voie bleue. Illuminée de l’intérieur, elle

lève ses voiles blancs et me précède là où je vais.

   Belle planète, notre Terre, allant vers sa fin avec un étrange

délice

 

Traduit de l’arabe par Nabil el-Hazan

Mirage, Edition José Corti, 2004

Du même auteur :

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« On tue pour manger… » (11/07/2016)

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