berimont_200-2[1]

 

 

Je ne suis pas d’ici, je partirai demain

Je laisserai les bois éblouis par l’aurore

La Loire, qui mangeait dans le creux de ma main

Le sang blessé des fruits sur les bols de faïence.

 

Je ne suis pas d’ici. Je laisserai la terre

Charbonner comme un cœur usé par son trésor ;

Je n’écouterai plus le cri des taureaux vers

Le vent d’aube, éveillé par les voix des fermières.

 

Je ne suis pas d’ici, je suis déjà parti

Je sommeille à pleins yeux le pays des prairies,

Les perdreaux dépliés dans la chaleur de Juin

Les chevaux de l’été, le foin sucré de pluie

Le goût du feu de bois qui me gante les mains,

L’étoile du matin au front des bergeries.

 

In, Revue « Vagabondages, N°28-29, Mars/Avril  1981

Atelier Marcel Jullian, 1981

 

Du même auteur :

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