IFAL2020Jacques20Dupin20photo_288x0[1]

Grand vent

  

Nous n’appartenons qu’au sentier de montagne

Qui serpente au soleil entre la sauge et le lichen

Et s’élance à la nuit, chemin de crête,

À la rencontre des constellations.

Nous avons rapproché des sommets

La limite des terres arables.

Les graines éclatent dans nos poings.

Les flammes rentrent dans nos os.

Que le fumier monte à dos d’hommes jusqu’à nous !

Que la vigne et le seigle répliquent

À la vieillesse du volcan !

Les fruits de l’orgueil, les fruits du basalte

Mûriront sous les coups

Qui nous rendent visibles.

La chair endurera ce que l’œil a souffert,

Ce que les loups n’ont pas rêvé

Avant de descendre à la mer.

 

Gravir,

Editions Gallimard, 1963 

Du même auteur :

« j’ai cru rejoindre par instants… » (28/06/2014)

« Expérience sans mesure… » (28/06/2016)

Le règne minéral (28/06/2017)

Chapurlat (28/07/2018)

« Se lever tôt... » (28/07/2019)