Apollinaire%20par%20Metzinger[1]

 

Le pont Mirabeau

 

Sous le pont Mirabeau coule la Seine

       Et nos amours

   Faut-il qu’il m’en souvienne

La joie venait toujours après la peine.

  

     Vienne la nuit sonne l’heure

       Les jours s’en vont je demeure

 

Les mains dans les mains restons face à face

       Tandis que sous

   Le pont de nos bras passe

 

Des éternels regards l’onde si lasse

 

       Vienne la nuit sonne l’heure

       Les jours s’en vont je demeure

 

L’amour s’en va comme cette eau courante 

       L’amour s’en va

   Comme la vie est lente

Et comme l’Espérance est violente

 

      Vienne la nuit sonne l’heure 

      Les jours s’en vont je demeure

 

 

Passent les jours et passent les semaines 

      Ni temps passé

   Ni les amours reviennent

Sous le pont Mirabeau coule la Seine

     

    Vienne la nuit sonne l’heure  

     Les jours s’en vont je demeure

 

Alcools,

Editions du Mercure de France,1913

 

Du même auteur :

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