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     J’ai ce matin,  suivi des yeux Florence qui retournait au Moulin du

Calavon. Le sentier volait autour d’elle : un parterre de souris se

chamaillant ! Le dos chaste et les longues jambes n’arrivaient pas à

se rapetisser dans mon regard. La gorge de jujube s’attardait au bord de

mes dents. Jusque ce que la verdure, à un tournant, me la dérobât, je

repassai, m’émouvant à chaque note, son admirable corps musicien,

inconnu du mien

 

 

Feuillets d’Hypnos, Editions Gallimard, 1946

Du même auteur :

Congé au vent (07/05/2014)

« La contre-terreur c’est ce vallon… » (02/05/2016)

Se rencontrer. Paysage avec Joseph Sima (02/05/2017)

Fièvre de la Petite-Pierre d’Alsace : (02/10/2018)

Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud (02/05/2019)