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Le souhait

 

Du roi Phrygien la fille rebelle

Fut en noir rocher changée autrefois ;

La fière Prokné devint hirondelle,

Et d’un vol léger s’enfuit dans les bois.

Pour moi, que ne suis-je, ô chère maîtresse,

Le miroir heureux de te contempler,

Le lin qui te voile et te caresse,

L’eau que sur ton corps le bain fait couler,

Le réseau charmant qui contient et presse

Le ferme contour de ton jeune sein,

La perle, ornement de ton col que j’aime,

Ton parfum choisi, ta sandale même,

Pour être foulé par ton pied divin !

 

 

Traduit du grec par Charles Marie René Leconte de Lisle

In, « Poèmes antiques », Marc Ducloux éditeur, 1852

Du même auteur : « Oui, mes tempes déjà sont grises... »  (31/05/2019)