caradec[1]

Le retour

 

Nous voici sans regard et sans gestes

nous voici harassés de marches inutiles

les mains posées sur nos genoux

les chaussures trouées et les genoux usés

la voix creuse et le geste incertain

nous voici inutiles et le regard usé

et les mains incertaines et les genoux posés

chaussures harassées et nos gestes troués

le regard inutile et la voix incertaine

comme au jour où sortant d’un cauchemar usé

nous nous sommes trouvés face à face inutiles

nous n’avons pas osé le geste qui caresse

le regard qui sourit et la voix qui pardonne

parce que le temps mort est le temps du passé

et que nous étions là pour la dernière fois

revenus sur le quai d’une gare effacée

sans regard et sans voix sans gestes harassés.

 

Les Nuages de Paris. Editions Maurice Nadeau, 2007