Soufflecouv[1]

Souffle

 

Quand je bégaye,

un son tourne en rond

sur mes lèvres qui papillonnent.

 

Quand je bégaye,

je dis encore,

 

Quand je bégaye,

du temps s’engouffre dans mes mots,

les ballonnent, les étalent.

 

Quand je bégaye,

Mon souffle s’égoutte.

 

Quand je bégaye,

les syllabes essaiment.

 

Quand je bégaye,

du vide emplit ma bouche et me contraint à m’agripper

tout au bord

 

Quand je bégaye,

je me fatigue je perds pied et je

 

Je

 

Chuuuut !

 

Alors un silence dur et dense

blesse ma langue et mes gencives.

 

S’il te plaît

patiente un peu

que je recouse.          

 

Souffle, & esperluète éditions, 2009