Jacob[1]

La Terre

 

Envolez-moi au-dessus des chandelles noires de la terre.

Au-dessus des cornes venimeuses de la terre.

Il n’y a de paix qu’au-dessus des serpents de la terre.

La terre est une grande bouche souillée :

ses hoquets, ses rires à gorges déployée

sa toux, son haleine, ses ronflements quand elle dort

me triturent l’âme. Attirez-moi dehors !

Secouez-moi, empoignez-moi, et toi Terre chasse-moi.

Surnaturel, je me cramponne à ton drapeau de soie !

que le grand vent me coule dans tes plis qui ondoient.

Je craque de discordes militaires avec moi-même

je me suis comme une poulie, une voiture de dilemmes

et je ne pourrai dormir que dans vos évidences.

Je vous envie, phénix, faisan doré, condors.

Donnez-moi une couverture volante qui me porte

au-dessus du tonnerre, dehors au cristal de vos portes.

 

Sacrifice impérial,

Emile Paule éditeur, 1929

 

Du même auteur :

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