25423_987_2-avril-Chez-Max-Kermarrec[1]

Je ne parlerai pas de cette femme

je ne la connais pas

je sais seulement qu’elle s’apprête chaque matin

au tourbillon des jupes des enfants

que chaque matin elle se lève

vers des soleils collés aux linges

et aux murs gras des cuisines embuées

chaque matin elle abandonne ses rêves

ses épaules montent vers la lumière

et font glisser chaque matin

la couleuvre des cheveux roux

le long de son dos coule une rivière sombre

qui vient doucement se perdre

sous la neige froissée de la nuit

 

Je ne parlerai plus de cette femme

mais seulement de ce dos

qui raconte sa vie 

 

Silences de femmes / Sioulderiou  maouez.

Editions Emgleo breizh, 2003

 

Du même auteur : Dans la lente lumière des lices (26/03/2017)