AVT_Armel-Guerne_1299[1]

 

Froid

 

La lumière est trop claire pour le temps qu’il fait,

Aiguisée ou cruellement douce,

D’une lucidité trop agile ou trop nue,

Trop subtile de fil et trop lisse de grain,

Et le ciel est trop bleu, d’un azur trop épais

Pour un soleil si haut, rayonnant et heureux.

Lisse comme un acier et blanche comme une arme

Illuminante, illuminée, on ne sait trop

Si son chant invisible et qui perce les ombres

Monte ou descend, s’il anticipe ou s’il retarde ;

Mais quand novembre vrai nous tombera dessus,

Cette musique en nous radieuse et légère

Laissera sa magie et son parfum d’été

Pour récuser les vents mouillés et les jours gris.

 

(Le cycle des lumières) 

11 novembre 1973 

 

 

Le jardin colérique,

Editions Phébus, 1977

 Du même auteur :

L’Ouverture (02/03/2016)

Les maudits (02/03/2017)

 

Le poids vivant de la parole (02/03/2018)