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Las. Je ne verrai plus ces soleils gracieux

Qui servaient de lumière à mon âme égarée !

Leur divine clarté s’est de moi retirée

Et me laisse éperdu, dolent et soucieux

 

C’est en vain désormais, ô grand flambeau des cieux !

Que tu sors au matin de la plaine azurée,

Ma nuit dure toujours, et la tresse dorée,

Qui sert de jour au monde est obscure à mes yeux.

 

Mes yeux, hélas, mes yeux, sources de mon dommage,

Vous n’aurez plus de guide en l’amoureux voyage,

Pendant l’astre luisant qui soulait m’éclairer

 

Mais si je ne vois plus sa clarté coutumière

Je ne veux pourtant pas en chemin demeurer :

Car du feu de mon cœur je ferai ma lumière.

 

Les Amours de Diane, 1573

 

Du même auteur : 

«  Rosette, pour un peu d’absence… » (24/02/2017)

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